Mes décObsessions - Page 7

  • Sauvez la maison de Pierre Loti !

    La maison de l’écrivain-voyageur en Charente-Maritime a été retenue parmi les 18 projets emblématiques de la mission "Patrimoine en péril". Un appel aux dons est lancé pour restaurer cet édifice inouï.

     

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    Salle renaissance : à gauche avant la fermeture au public en 2012 © Pascal Robin à droite dans son état actuel © Oui ash-Fondation du patrimoine

     

    Pagode japonaise, salle gothique, salon turc, salle renaissance, chambre des momies, salle chinoise, mosquée : de chacun de ses voyages, Julien Vaud, qui prend le pseudonyme de Pierre Loti à son retour de Polynésie française, rapporte des boiseries, mobilier et objets en tout genre pour recréer, dans cette maison où il est né le 14 janvier 1850, les ambiances quil a appréciées. Dune construction typique rochefortaise du XVIIIe siècle, la maison de Pierre Loti est devenue un musée de France, aujourdhui mal en point. Acquise par la ville de Rochefort en 1969 et ouverte au public de 1973 à 2012, la maison de lacadémicien-voyageur est à sauver.

     

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    La mosquée avant les travaux © V. Lagardère

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    Loti dans la mosquée © Ville de Rochefort

     

     

    Après ses premiers succès littéraires en 1880, Pierre Loti entreprend de grandes transformations. Il y aménage dabord une chambre arabe, un salon turc, une salle gothique et une pagode japonaise. En 1895, il acquiert la maison mitoyenne et réunit les deux bâtiments. Il crée alors une mosquée, une salle Renaissance et une salle chinoise, développant son goût pour la mise en scène. « Dans ces salles, il donne de nombreuses et fastueuses fêtes costumées très prisées par les membres du gotha de lépoque. » Tout au long de sa vie, il collectionne des ustensiles domestiques, quil met au même niveau que des œuvres précieuses issues des collections dart islamique, indien, italien ou espagnol.

     

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    Le salon turc aujourd'hui © Martin Charpentier - Ville de Rochefort

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    Loti en guerrier ottoman dans le salon turc © Ville de Rochefort

     

     

    Dans son salon turc, créé en 1877 et quil ne cessera de modifier, on trouve un plafond inspiré de lAlhambra de Grenade quil découvre lors de son voyage de noces, ainsi que des faïences dOrient, dAndalousie et du Maroc. Sa chambre arabe, imaginée en 1884, réunit des céramiques persanes et hollandaises, des coussins en cuir, bouclier et lance du Sénégal. Certaines pièces disparues seront recréées : « Afin de les faire revivre, ces décors seront associés à des habillages photographiques et scénographiques. » Ainsi, si la pagode japonaise a été vendue aux enchères en 1953, de nombreuses photographies permettent de recréer son style.

     

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    Vitraux de la salle gothique Maison de Pierre Loti © Ouiflash - Fondation du patrimoine

     

    Le projet de restauration permettra la réouverture du musée en 2022-2023 (à loccasion du centenaire de la mort de lécrivain) en proposant aux visiteurs de découvrir de nouvelles salles qui nétaient pas accessibles auparavant. Les tapisseries, tissus, peintures, mobiliers et collections ethnologiques sont aujourdhui restaurés (plus de 5000 objets sont répertoriés). Le sauvetage reste à financer. En parallèle, la Fondation du Patrimoine a créé un club de mécènes dédié à la maison et cherche, avec Stéphane Bern en charge de la mission « Patrimoine en péril » et la Ville de Rochefort de grands mécènes pour ce projet.

     

    La maison de Pierre Loti, un trésor unique et un projet qui mérite d'être soutenu : www.fondation-patrimoine.org/49060.

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  • Poésie sur porcelaine

    A loccasion de la rétrospective consacrée à Miró au Grand Palais à Paris, la manufacture française de porcelaine Bernardaud édite certaines des œuvres du peintre sur un service d’exception.

     

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    Joan Miro, Parler Seul, 1948-50 - ADAGP, Paris 2018

     

     

    Lorsque la Successió Miró (chargée de préserver la mémoire du peintre Joan Miró et transmettre son héritage) sollicite Bernardaud pour la création d’un service d’art de la table, tous se plongent dans les archives du peintre surréaliste. Ils relisent alors « Parler seul », un poème de Tristan Tzara publié en 1948 par le nouveau galeriste du peintre Aimé Maeght et ponctué de 74 lithographies en couleurs de Miró. Ces documents originaux peuvent « se traduire sur porcelaine sans être dénaturés » et le choix de cet ouvrage illustre leur volonté de « marquer l’importance de la poésie ». Forcément, c’est « une évidence ».

     

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    Le livre Parler seul

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    Le livre Parler seul

     

     

    S’en suit de long mois de travail pour Bernardaud pour « restituer les textures : la densité de la gouache, la transparence de l’aquarelle, la profondeur de l’encre de Chine ». Il faut recréer le coup de pinceau, étudier le sens d’écriture des signes, recopier tout en sublimant. Des étoiles, des soleils, des lunes et des arabesques : « le jeu de signes graphiques et colorés des dessins de Joan Miró rappelle l’écriture musicale, la calligraphie chinoise ou l’art rupestre », racontent Bernardaud et la Succesió Miró. Une fois le service mis en place, la table semble chanter, prête à accueillir un festin fantasque.

     

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    A Limoges, dans les ateliers Bernardaud

     

     

    Avec pour but de « rendre accessible lœuvre de Joan Miró en empruntant des chemins inattendus », cette collaboration propose un service de 100 pièces à la lisière de l’art. Un témoignage de la folle liberté de ce peintre si moderne né en 1893, qui reste d’ordinaire accessible à seulement quelques privilégiés…

     

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    > Service de table de 100 pièces pour 12 personnes réalisé à partir des œuvres originales du livre Parler Seul de Tristan Tzara illustré par Joan Miró, 1948-1950, édition limitée à 100 exemplaires, 19 800 €, Bernardaud

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  • J’ai dîné au Beefbar

    Dans le décor spectaculaire de lancienne Fermette Marbeuf, revisitée par le duo Humbert & Poyet, le restaurant parisien Beefbar est à ne manquer sous aucun prétexte.

     

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    La salle Belle Epoque © Francis Amiand

     

     

    Du bon, du beau, et surtout du bœuf ! Cest le concept du Beefbar de Riccardo Giraudi – déjà aux commandes du mythique Anahi – qui, après Monaco et Hong Kong (une étoile au Michelin 2017) sinstalle à Paris. Des viandes dexception, une cuisine raffinée et créative dans le décor de lancienne Fermette Marbeuf que le duo Humbert et Poyet a réinventé dans une esprit contemporain ultrachic qui respecte loriginalité de la salle Art Nouveau classée et restaurée.

     

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    © Francis Amiand

     

     

    Cest dailleurs la première impression lorsqu’on pénètre dans la salle de ce restaurant du 8ème arrondissement de Paris : la richesse du lieu. Une verrière somptueuse illumine les moquettes à motifs Art Nouveau et les éléments architecturaux en marbre Art déco. L’ancienne Fermette Marbeuf était connue pour sa salle Belle Epoque, redécouverte en 1985 et classée aux Monuments historiques. Construite en 1898 par l’architecte Michel Hurtré et décorée par le peintre Jules Wielhorski, l’ancienne salle à manger de l’hôtel de Lamgham, rue du Boccador, fut laissée à labandon puis murée pendant la seconde guerre mondiale afin d’échapper aux Nazis.

     

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    Humbert & Poyet © Francis Amiand

     

     

    Lorsque Riccardo Giraudi, créateur en 2005 des concepts restaurants Beefbar, déjà installés à Singapour, Mykonos, Berlin, Hong Kong ou Mexico, récupère cet emplacement et découvre ce joyau Art Nouveau, il consacre du temps à sa restauration. Les voûtes sont endommagées, des morceaux de frises en céramique manquent, les dessins de la verrière seffacent, il faut restaurer chaque parcelle de cette œuvre et repeindre lensemble dans les nuances de lépoque, vert et bronze. Les travaux de restauration puis de décoration sont confiés à lagence Humbert&Poyet, désormais familiers de lesprit Beefbar (pour les avoir tous décorés) « chic et décalé, où lancien et lultra contemporain sharmonisent ».

     

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    © Francis Amiand

     

     

    Restaurant pour carnivores, le Beefbar comprend une cave à viandes « conçue comme un précieux écrin en noyer, marbre et laiton ». Un indice sur le traitement du produit. Ici, la viande est un met dexception. « Une antithèse du steak house » où la star de la carte nest autre que le bœuf de Kobé, considéré comme la meilleure viande du monde. Burger haute couture, gyozas au bœuf, bao buns fondants : la street food se fait gastronomique. Un éblouissement pour la vue et les papilles.

     

    Beefbar Paris, 5 rue Marbeuf, 75008 Paris

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