L'esprit libre

C’est une évidence, la contrainte challenge la créativité. Et le confinement stimule l’imaginaire. En cette étrange période, où nous tentons de trouver un sens à nos existences entre parenthèses et d’occuper ces jours de patience infinie, de multiples initiatives nous donnent des motifs de nous réjouir. Culture à gogo, de l’évasion sans sortir de la maison, des gestes solidaires et réconfortants, des trésors d’inventivité que j’ai la joie de partager avec vous.

 

 

 

De l'air ? De l'art ! - épisode 6

 

Je me prends pour une princesse en découvrant l'histoire de cette pièce exceptionnelle de la maison Chaumet

 

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Diadème aux fleurons d’Edwina, comtesse Mountbatten de Birmanie, dernière vice-reine des Indes Chaumet, 
1934
 - Platine, diamants - Collection privée – Le diadème a été prêté et montré à l’exposition 'Chaumet en Majesté' à Monaco

 

 

La maison Chaumet, qui a récemment rouvert son hôtel particulier de la place Vendôme, propose de redécouvrir certaines pièces mythiques de son histoire.

 

Voici le « diadème aux fleurons » (photo ci-dessus) commence son histoire en 1928, avec Marie Dow, baronne Emile de Cartier de Marchienne. Femme de lambassadeur de Belgique en Angleterre, létiquette britannique loblige à se coiffer dun diadème lors de grandes réceptions. Elle fait donc lacquisition dun modèle de style Art déco. En 1934, elle revient chez Chaumet car elle souhaite une monture pour son diadème : on lui soumet différents dessins. Elle choisit un bijou composé d’une succession d’élégants rinceaux (des ornements en forme d'arabesque végétale). Ces derniers sont ponctués dun élément trilobé de style indien qui, à intervalles réguliers, couronne aussi la partie supérieure du diadème. Quelques années plus tard, pour des raisons indéterminées aujourdhui, la baronne confie le joyau à la Maison Cartier.

 

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Madame Yevonde (1893-1975), Edwina, comtesse Mountbatten de Birmanie, portant son diadème Chaumet pour le couronnement de George VI, 1937.

 

Cest ainsi quil rencontre son illustre propriétaire et prend des allures prophétiques. En 1937, Edwina comtesse Mountbatten, née Edwina Ashley et mariée à larrière-petit-fils de la reine Victoria, cherche un diadème en vue du couronnement prochain du roi George VI. Elle le portera également, plus tard, au couronnement de la reine Elizabeth II. Dans le livre « Chaumet Diadèmes de Légende », sa fille, lady Pamela Hicks raconte : « Le diadème Chaumet était terriblement imposant et ne correspondait pas à la personnalité de ma mère. Je me souviens delle le portant lors du couronnement de George VI, mais, alors âgée denviron huit ans, jétais davantage intéressée par les chevaux et les calèches que par sa tenue. »

 

Pendant la guerre, Edwina Mountbatten sillustre au sein de la Croix-Rouge, tandis que son mari lord Louis est dans la marine. Cest en Inde qu’elle trouvera « le rôle de sa vie » quand, aux cotés de son époux, elle devient la dernière vice-reine, en 1947. Elle se lie d’une tendre amitié pour Nehru et découvre cette nation qui ne cesse de l’enthousiasmer. Le diadème, ponctués d’un élément trilobé de style indien, y brillera de tous ses feux… Puis sera légué à ses deux filles avant d’être proposé à la vente en 2002.

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