• The Yokohama Project, arty trip

    Trois artistes occidentaux, qui ne se sont pas connus, dialoguent à travers le temps autour de la vision quont les Européens du Japon.

     

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    Vue du Mont Fuji depuis Enoshima par Felice Beato derrière une lettre écrite par Mathilde de Ruinart

     

     

    Lorsque la photographe Giada Ripa, qui vit entre Milan et New York, fouille dans les archives familiales de sa maison du Piémont en Italie, elle ne se doute pas quelle va trouver, à quelques mois décart, deux précieux documents qui seront à lorigine de son nouveau projet. Elle découvre dabord un vieil album de photographies : 53 épreuves à lalbumine colorées à la main de portraits et de vues de la ville japonaise de Yokohama et ses alentours, signées Felice Beato. Ce natif de Corfou, naturalisé anglais et mort en 1909, fut lun des premiers photographes à réaliser des images de lEst asiatique. Un rare témoignage de ce que fut la fin de la période Edo (1641 – 1863) au Japon qui servit « aux récits de voyages comme aux magazines et autres publications ». Quelques mois plus tard, Giada Ripa tombe sur un manuscrit non publié de Mathilde Ruinart de Brimont, son aïeul, qui raconte son départ pour lOrient en 1867 avec son époux diplomate et trouve un écho particulier dans les clichés de Felice Beato, parti à la même période. Clichés que Mathilde Ruinart de Brimont va collectionner dans un album Celui sur lequel Giada Ripa a mis la main.

     

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    © Felice Beato

     

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    © Giada Ripa

     

    Giada Ripa -descendante du comte Victor Sallier de la Tour et de son épouse Mathilde Ruinart de Brimont- décide de partir sur les traces de ces deux explorateurs grâce à la Fondation Ruinart. Cest dans la ville de Yokohama, au sud de Tokyo, que tout commence : ce port est le premier à souvrir au commerce extérieur en 1859 après le « Sakoku », qui signifie littéralement « fermeture du pays », politique isolationniste établie durant la période Edo. Les trois protagonistes y sont passés. Giada Ripa immortalise en 2016 ce port pour le confronter aux croquis de Mathilde Ruinart et aux clichés de Felice Beato. Elle y compare également, avec une approche darchive et danthropologie, les vêtements traditionnels, les moines bouddhistes, les pêcheurs, la jeunesse, etc. en ajoutant un volet « portrait » à ce dialogue. Un jeu de miroir étonnant, aussi poétique questhétique, pour « transmettre les transformations de la société et du paysage ».

     

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    Le port de Yokohama par Felice Beato

     

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    Le port de Yokohama par Giada Ripa

     

    Ainsi est né le projet Yokohama. En résulte une cinquantaine de photographies de Giada Ripa, en écho avec des tirages de Felice Beato, des croquis et des textes de Mathilde Ruinart, utilisés pour la scénographie dune exposition qui voyage à travers le monde (Paris Photo, la Biennale des Antiquaires à Paris, Art Brussels et Kyotographie) et pour le catalogue de lexposition qui retrace cette aventure. Aujourdhui, le projet rejoint Reims pour les visiteurs de la Maison Ruinart. Une « vision émerveillée de lEurope sur le Japon » à travers les âges, à découvrir absolument.

     

    > Ruinart et la création artistique

    > Giada Ripa

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  • Lago54, l’Afrique en mode création

    Les designers et créateurs africains les plus pointus, à porter de clics grâce à cette plateforme web qui permet aussi de soffrir leurs créations.

     

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    Imane Ayiss

     

     

    Emmanuelle Courreges, journaliste indépendante, a passé ses 20 premières années sur le continent Africain à arpenter le Cameroun, le Sénégal et la Côte dIvoire. « Lorsque jarrive en France dans les années 90, je découvre que le continent où jai grandi est perçu comme un peu cheap‘ par les occidentaux. Entre fascination et dédain », témoigne celle qui décide aujourdhui de prouver que lAfrique recèle de trésors, autres que « le wax, les paniers et les perles » que lon rapporte de voyage. Elle a monté Lago54 (« lago » pour « la go » qui signifie la « nana » en langage populaire ivoirien et « 54 » en référence aux 54 pays que compte lAfrique). Une plateforme web dédiée à la création africaine qui distribue des petites collections, soutient les créateurs et met en avant ces entrepreneurs.

     

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    Orange Culture

     

     

    En mettant laccent sur le savoir-faire, Emmanuelle Courreges sélectionne des couturiers quelle a repéré durant les fashion week de Lagos au Nigéria, une designer textile du Nigéria ou une jeune créatrice de luminaires basée à Cape Town en Afrique du Sud. Ils sont 17 actuellement à créer « des pièces haut de gamme qui racontent des histoires africaines, par des africains ». Mais ce ne sont que les prémices dun plus vaste projet puisque de nouveaux créateurs arriveront bientôt et Emmanuelle continuera de sen faire la porte-parole. « Mon objectif est de changer le regard sur la production africaine. » Susciter le désir pour une production locale et une technique dexception, sans négliger un design pointu.

     

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    Modern Gesture

     

     

    Au-delà du e-shop qui propose robes, accessoires ou mobilier, Lago54 dispose dun magazine en ligne pour mettre en scène les créations et dune section « professionnels » pour découvrir ceux qui travaillent de leurs mains. Des rencontres avec des créateurs passionnés, qui servent le propos dEmmanuelle pour raconter un continent différemment et justifier les prix en expliquant comment les produits, éthiques, sont réalisés.

     

    > Lago54

     

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